Vendredi 14 mai 2010
5
14
/05
/Mai
/2010
12:31
***
Les cierges projetaient leur faible lumière jaunâtre sur les murs de la paroisse comme s'ils voulaient éviter que les ombres ne prennent possession de la totalité
de cet endroit sacré. Le curé André s'arrêta de balayer le sol, prit une petite pelle et y versa son tas de poussières. Un sifflement strident se fit entendre dans son dos. Toute personne aurait
relevé la tête à la recherche de l'opportun qui osait ainsi troubler la tranquillité des lieux, mais le prêtre n'y prêta guère attention car le vent ,parfois, venait s'engouffrer par les
interstices des vieilles pierres et faisait chanter l'édifice.
Un picotement parcouru la nuque du curé tandis qu'il se relevait, la pelle en main. Un étrange sentiment le gagna et raisonna dans sa tête en guise d'avertissement,
celui d'être observé. Par réflexe il se retourna et sonda, les yeux plissés, les ténèbres environnantes. Personne. Je suis bête songea t il en colère contre sa propre stupidité, en ce début de
soirée qui pourrait venir? Il traversa la paroisse, ouvrit la lourde porte en bois et balança à l'air libre les saletés contenues dans sa pelle.
Dans son dos une ombre bougea.
Par narthex.over-blog.com
-
Publié dans : Chapitre 2
0
Mardi 20 avril 2010
2
20
/04
/Avr
/2010
20:13
Guérin tapota nerveusement sur le bat-flanc avec ses clefs de voiture. Il avait passé toute l'après midi à écumer en vain différents services administratifs à la
recherche de documents concernant le cimetière abandonné.
-
vous êtes sûre d'avoir bien cherché ? insista t il persuadé que l'archiviste avait fouillé sommairement.
Cette question paru lui déplaire, indirectement on la soupçonnait de manque de professionnalisme .
-
Tout est désormais numérisé et enregistré dans nos bases de données informatiques , alors s' il n'y a rien qui s'affiche sur mon écran c'est qu'aucun document
n'a été scanné. Elle ne souriait plus. Avez vous consulté les archives communales ?
-
Oui.
-
Départementales?
-
Aussi. Vous étiez ma dernière chance soupira t il.
-
Dans ce cas je crois que vous allez devoir faire une croix dessus.
-
Avez vous une connexion internet ?
-
Bien sûr. Prenez le premier couloir à droite, les ordinateurs mis à la disposition du public sont alignés contre le mur. C'est gratuit et sans codes d'accès.
Faites vite nous fermons dans trente minutes.
Le policier la remercia d'un hochement de tête et sur ces indications alla trouver un ordinateur. En cette fin de journée aucun d'eux n'était prit, il s'assit face
à un écran et commença à tapoter sur le clavier. Plusieurs sites proposaient des listes de cimetières avec des possibilités de recherches par mots clefs. Hélas ils ne menaient nulle part sauf à
des pages blanches portant l'inscription « pas de résultats ». Guérin décida alors de faire des recherches plus larges basées sur sa commune. A part un petit historique et quelques
photos sur un blog consacré à la forêt il ne trouva rien d'intéressant.
Une impasse, un retour à la case de départ se dit il, déçu et amer de tourner en rond.
Le jour touchait à sa fin quand il regagna son service. Ses collègues l'informèrent que la police judiciaire venait tout juste de quitter les lieux. Un post it
avait été laissé sur son bureau, il décolla d'un geste impatient le petit bout de papier jaune et le lu: « Bien vouloir faxer au plus vite votre rapport. » Guérin le jeta dans sa
poubelle, cela pouvait attendre le lendemain. Une question lui vint en tête: comment étaient venus les deux commandos? Leur sac à dos ne recélait pas de clefs de voiture. Consultés, les
télégrammes ne signalaient pas de découverte de véhicule volé ou abandonné dans un rayon de trente kilomètres. Trente bornes. Une sacrée randonnée pour le commun des mortels mais pour deux types
sur entrainés ? Autres éventualités : peut être les avait on déposé en bordure de forêt ou le tueur s'était enfui avec leur moyen de locomotion. Chaque jour, dès son arrivée au service, le
commandant consultait les mains courantes de la veille et de la nuit. Or de mémoire, depuis le début de la semaine, aucun élément ne pouvait se prêter à un rapprochement avec cette affaire. Pour
s'en assurer il les relu à nouveau. R.A.S.
21 heures. La fatigue commençait à se faire remarquer. A 45 ans, Guérin ne jouissait plus de la même énergie que lors de ses
débuts dans la police, vingt ans auparavant. Il se revoyait monter l'escalier en colimaçon du célèbre 36 Quai des Orfèvres et être accueillit par un commandant, un « ancien » de la
brigade. Poignée de main virile, une rapide présentation des locaux et des collègues puis il s'était retrouvé dans son groupe d'affectation à bosser sur sa première enquête. Un sadique traquait
des jeunes filles pour les étrangler, seule manière pour cet homme impuissant de jouir. Après six mois d'un travail de fourmis le coupable était démasqué et jugé en Cour D'assises. La
satisfaction d'envoyer un assassin derrière les barreaux avec le sentiment d'être utile à la société furent les moteurs de son engagement et confirmèrent les raisons intellectuelles pour
lesquelles il était entré dans la police. Du moins au début...
On frappa à sa porte. Il se redressa sur son fauteuil.
-
Entrez !
Le brigadier Chef Guibert se présenta.
-
Désolé de vous déranger patron, un type de la pj pour vous.
-
C'est bon ils vont pas me saouler avec leur foutu rapport s'exclama Guérin! Dites lui que je leur faxe demain matin. Sans faute.
-
Justement c'est pas la même pj, celui la vient de Paris.
-
De Paris? S'étonna le commandant. Qu'est ce que c'est encore que cette histoire ? Ils se sont tous donné rendez vous chez nous ou quoi ?
Des pas raisonnèrent dans le couloir menant à son bureau, un homme
entra sans y avoir été invité.
Guérin se serait attendu à tout sauf à ça.
Par narthex.over-blog.com
0
Derniers Commentaires